Le Camerounais s’assagit

Je sais. J’ai fait de longues semaines sans publier un seul billet. En fait je cherchais comment mieux raconter les émotions vécues dans l’Ouest du pays (la quête continue).

Néanmoins, depuis mon retour dans la ville, je suis en quête d’un sujet à mettre en réserve. J’ai beau tourner, en dehors des histoires de culs ou d’incendie d’origine suspecte, rien à se mettre sous la dent. Le dehors est sec. Comme les robinets de la Camerounaise des eaux à Yaoundé.

Malgré tout, dans mon parcours des sissonghos locaux, il convient de louer la sagesse dont le Camerounais fait preuve en cette fin d’année 2012. Pas le moindre accident, aucun excès à relayer aux informations. Même la prétendue fin du monde est passée inaperçue. Mais qu’est-il donc advenu du Camerounais, ce bon vivant dont la renommée n’est plus à refaire ?

ville illuminée

Arrêt 1 : Les foires et autres étables de rapace

J’ai beau y aller depuis leur ouverture – dans les principales foires bien entendu – aucun de ces lieux ne connait une effervescence particulière. Tous les ingrédients sont réunis : bruit, promotions, artistes à la une… Même les prix « cassés » au plus haut niveau laissent le Camerounais inerte. « C’est ça qui paie nos factures » ??

Arrêt 2 : Les magasins de jouets.

J’ai vu des riches dépenser des fortunes afin de satisfaire leur progéniture. Les quelques pauvres que j’ai rencontré désiraient tout au plus remplacer une machine défaillante mais certainement pas acheter une babiole à la durée aussi limitée que ladite fête en question.

Arrêt 3 : Les débits de boisson

C’est connu de tous. Le Camerounais aime la vie. Les bars connaissent donc la même affluence du 1er au 31 janvier. Ici, pas moyen de spécifier l’origine de l’émoi et des flots de bière.

Arrêt 4 : Les hôpitaux

Dans les années antérieures, après avoir cherché ton proche dans les foires et bars sans le croiser, un tour à l’hôpital te suffisait pour le trouver. Cette année, niet. Que nenni ! Les Camerounais souffrent de bonhomie. C’est même par dépit qu’ils pratiquent la marche à pieds, tellement ils craignent que la foudre ne s’abatte sur eux. N’a-t’on pas dit le 21 décembre était jour de fin du monde ?

Arrêt 5 : Le tour de la ville

Là, impossible de manquer la fête. Les ronds points et carrefours sont parés de leurs plus beaux atours. Des guirlandes par-ci, des sapins par là. Chaque ville use de subterfuges pour être à son avantage. Le tout illuminé pour le plaisir des curieux et des amoureux qui ne manquent pas l’occasion d’immortaliser leurs instants de 2012.

Après ce tour d’horizon, il est indéniable que les choses changent. Les époques évoluent et avec elles les mentalités des hommes. Le Camerounais est moins enclin à se laisser aller. Normal ! Plutôt que de se saouler la gueule à n’en plus finir, chacun se terre tranquillement chez lui. Attendant soit un voisin panaméen généreux (ils sont arrivés par container cette années), soit la fin du monde tant annoncée et reportée à une date ultérieure inconnue de tous si ce n’est du Père. Ou plus simplement de se replonger dans les réalités de son quotidien sans eau, lumière, salaire, et sécurité sociale.

Moi je me terre dans les quatre murs de mon « private space » duquel je suis sortie pour partager avec vous mon constat sur les fêtes de fin d’année de chez nous.

Joyeux Noël

Peace !!!

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