Facebook : Le nouveau comptoir des Waka

Il y a quelques temps, j’ai constaté (pour le Cameroun du moins) la restriction d’accès au site 123love.com, lieu par excellence de débauche et de propositions indécentes sorties tout droit du ventre de Lucifer. Je sais. Considérez que c’est la curiosité maladive du journaliste.

Face au « mensonge » et aux désirs de plus en plus dégradants (gratuits de surcroit) des pervers dont le seul domicile fixe reste sur leur webcam (rassurez-vous, j’ai vérifié par mes propres yeux) et la « saine concurrence » des chinoises, les Waka, Call-girl ou Escort-girl  du pays ont se sont mises aux technologies, précisément à Facebook.

 « C’est grave, les « Waka » nous ont rejoint sur Facebook …il parait que le site de tchatche et de rencontre ne donnent plus rien mais Facebook c’est le contact direct » !

Excusez mon ami (il se reconnaîtra)  de s’exclamer ainsi. Il vient d’arriver à Douala. Il découvre donc encore les réalités de ses vices et plaisirs. Vous conviendrez cependant avec moi que la messe est dite.

L’origine

Les distributrices de plaisir évoquent le côté « tout en un » de Facebook  « On a la photo et le topo basique. Après il suffit d’un clic pour choisir. Avant, il fallait 3 ou 4 rendez-vous pour trouver la personne recherchée (chic, chèque et choc) » nous raconte ME, une habituée de la pratique. A elle seule, depuis le début de l’année, elle a déjà aligné plus de rapports sexuels que l’année ne compte le jour.

La technique

On dit souvent chez nous « tu restes ta part vient ». Un dicton qui correspond très bien à la technique de mes sœurs. Jugez-en vous-mêmes.

Elle  fait un tour au Cyber à 8h et demande ton amitié.

Peut-être chez la voisine, à 12h, elle « like » toutes les photos de tous tes albums. Des fois ce sont des inepties sans queue que tu as débité entre deux « guigui ».

A 15h (le précédent client était sans doute décevant) elle te sort les phrases du genre ‘« Je kiffe ton profil », «tu es vraiment mignon et tout le baratin de circonstance (ça change des films qu’elle devait se faire avant)».

A 19h (le client devait vraiment être mauvais), elle te sort une balle à la John Wayne : « ça te dirait de vivre ta lune de miel ce soir (sans ambages) ?» Elle te laisse son numéro. Si tu es chaud (partant), tu l’appelles et vous vivez le mariage d’un soir.’

Si tu n’es pas partant (mon pote tu me déçois), elle va à l’attaque le jour d’après.

ME elle attaque plusieurs au même moment. Le premier à répondre a accès au paradis.

Le déploiement

Sur Facebook aujourd’hui, tu trouves de tout. Au point de ne même plus savoir qui est qui. D’un côté donc elles ont des profils. De l’autre des comptoirs. Les plus courageuses pilotent leur produit sur un seul et unique compte. Si des groupes sexuels secrets existent (on en reparlera plus tard), la plupart opère en solo. Ne me demandez pas pourquoi elles le font –par plaisir ou par nécessité- je ne saurai vous répondre. Ne dit-on pas que le travail du sexe est le plus vieux métier du monde ?

Les coûts

Les sous investis pour la « drague » doivent produire des intérêts. A défaut, le surplus d’énergie dépensée chez le dernier client pour retrouver le nouveau doit être compensé. Avec en plus la convivialité (les filles reçoivent parfois chez elles), le plus petit kopeck à débourser pour  un « lâché » a la couleur verte d’un billet CFA : 5 000fcfa.  Les extra (déplacements, pratiques particulières…) relèvent du privé (chuuuut ! On ne parle pas d’argent en public).

Les risques

De manière officielle, aucune crainte.  Essayez un peu de trouver le propriétaire du profil Immoyep Akhen Kiki et vous me direz.

Le seul risque encouru est donc sanitaire.

Si personnellement je ne sais déjà pas comment se porte cliniquement mon copain en cet instant précis, comment les adeptes seraient-ils informés d’une quelconque infection de l’un ou de l’autre.

 Sous le coup de l’argent et de la frénésie du désir, les méthodes de protection sont la plupart du temps rangées dans la catégorie « gâcheur de plaisir ».

Conséquences

J’aime mes cadets. Avec la dégradation abyssale des mœurs, j’ai peur qu’ils se retrouvent exposés à ces croqueuses «de portefeuilles et d’organes masculins » bien avant leur majorité. Mais grandir c’est aussi assumer son acte pas vrai ? A chacun donc de faire ses choix et les assumer.

Mes sœurs, si les chinoises vous barrent la route ou que les vieilles peaux blanches sérieuses au compte bancaire à 8 chiffres se font rares, rentrez retrouver ma mère derrière son comptoir de fortune dans le marché qui vous conviendra.

Les frères que je connais sur Facebook sont des éternels fauchés sans cesse en quête d’une partie de plaisir gratuite avec les filles qu’ils n’ont le plaisir de toucher que dans leurs rêves.

Shalom!!!

Waka:  Appellation camerounaise des travailleuses de sexe

Chic, chèque, choc: Critères de distinction des partenaires masculins par les filles camerounaises. Le chic c’est le mec BCBG, le chèque le sponsor, le choc le partenaire sexuel par excellence.

Lâché: Appellation Camerounaise désignant la première jouissance