Au pays des copistes, Canal d’or se distingue

Mes prières ont été exaucées. Les Canal d’or ont goûté au succès made in Yaoundé à travers l’imposante salle du palais des Congrès.

Malgré la clôture verbale improbable  « … pour la fin de l’édition 2009 des Canal d’or…» (On ne doit pas avoir le même calendrier), de l’un des stridents présentateurs de la soirée (je ne le nommerai pas mais mention honorable à Flora DJINGLA),  l’édition 2013 (puisqu’il s’agit d’elle) récompensant le mérite culturel des artistes de 2012 s’est bel et bien achevée ce 31 Mars à plus de minuit. Il était en tout cas 00h10 lorsque Mme le Ministre des Arts et de la Culture remettait le prix de l’ « artiste masculin » au Prince NDEDI EYANGO.

Si le ministre de la Communication n’a pas manqué de faire du pied au comité d’organisation afin que les Canal d’Or se tiennent désormais à Yaoundé (j’adhère), cette cérémonie, plutôt réussie cette année (il faut le reconnaitre) m’a amené à m’interroger sur la place de la musique camerounaise dans ce pays (je n’y peux rien c’est ma nature).

Avant que je ne finisse de formuler ma pensée, voilà que Mme la Ministre de tutelle me précède. La meilleure défense c’est l’attaque. La dame bilingue a bien apprise la leçon. Suite à plusieurs interpellations des lauréats, sur l’absence des salles de cinéma (revendications progressive), elle a répliqué. Insistant sur le fait que  l’Etat ne s’implique pas sur le business, caractéristique principale (selon elle) de l’industrie du cinéma. Elle est revenue sur les différents procès en cours dans les tribunaux du pays pour la réouverture des grandes salles de cinéma. Tout cela en anglais. Le Cameroun est bilingue. Et non les camerounais. Je me suis arrêtée ou mon niveau d’anglais me le permettait. C’est à  dire à « Artiste masculin ».

Ma préoccupation est donc restée intacte. Qui consomme la musique camerounaise ? Par quels canaux ? Les hommes de médias et responsables de support audio-visuel demandent des sommes astronomiques aux artistes afin de jouer le « single » pour l’enregistrement duquel ils se sont ruinés six mois auparavant. A défaut, ce sont les cotisations de ces hommes de média qu’ils doivent honorer, leurs enfants qu’ils doivent inscrire à l’école ou s’acquitter des frais d’hospitalisation suite à une alimentation  inappropriée pour le pays. Les bandes sonores des disputes entre les deux camps me servent de preuve hein !

C’est donc à ce moment que je salue le mérite du public camerounais. A César ce qui est à César. Au public camerounais le mérite de la passion de sa musique et ses artistes malgré l’absence manifeste des espaces dédiés à leur expression. Vraiment. Fallait les voir saluer par des salves d’applaudissement Coco Argentée (Révélation « incontestable » 2012), contester le prix décerné à Wes Madiko dans la catégorie artiste ou groupe de musique world. Si je dis ce que je pense, on me dira « Bass, tu écris déjà trop ». Donc je passe dessus.

En tout cas, ça ne les a pas empêché de saluer le représentant de Carole Bakotto (Artiste traditionnelle) ni de danser le « African Mamy » de… « Ducsss » ! Vrai de vrai, le type qui lisait (j’ai oublié son nom) a failli me faire mourir de rire. C’était incompréhensible. Un genre de français-turc. Duc – Z dit et lit-on, meilleur artiste de musique urbaine.

Alors que l’on pensait s’éviter les contestations d’il y a deux ans, voilà que débarque Christian TAMO, distingué dans la catégorie « meilleur vidéogramme ».Devant « Secouer Secouer » de Pipiyou ou « African Mamy » de NS Pictures. Entre nous, j’aimerais bien avoir les résultats des votes dans cette catégorie. Je ne parle pas de NANA Ardo hein ! Meilleur humoriste. Parce qu’il a gagné le Castel Live Comedy ? Même le public semblait très étonné.

Aucun « Procès » cependant pour Man No Lap (meilleur sitcom),  Mami Ton (meilleure comédienne),  Big Mop (meilleur comédien) ou  « Secouer Secouer » de Lady Ponce (chanson de l’année).

Incontestablement, Charlotte Dipanda a marqué l’année 2012. Elle mérite donc amplement le prix d’artiste féminin. NDEDI EYANGO, face à ses concurrents, le match semblait joué d’avance. Pour l’artiste africain, chacun sa version. Chindima elle a celle des membres du Jury constitué cette année de NKOTTIi François, Aladji TOURE et Daniel NDO allias Oncle OTSAMA.

J’ai dormi moins idiote en apprenant que Daniel KAMWA (prix spécial édition 2013) était la voix Française de Morgan Freeman (je crois hein) depuis plus d’une décennie. Dommaque quand même que ce soit le seul fait majeur revélé dans le reportage à lui dédié. Il y en a tellement… Bref, avec beaucoup de nostalgie, j’ai revu les absences physiques éternelles de Abdou BENITO, Noël EKWABI, Jimmy EITHEL ou encore de Gérard DJOUMBISSIE, auteur et compositeur de la chanson « Na méa » (rendue célèbre par le défunt duo Bebey MANGA et Tom YOM’S).

Bien que la cérémonie n’ait rien perdu de ses couleurs ni de son glamour (éternellement assurés par SMS Déco de Liliane DJAPOUM), un effort reste à faire pour que les « masters of ceremony » soient à la hauteur du spectacle produit. Entre les ondulations vocales extrêmes, les diarrhées joutes verbales et les prises de parole incontrôlées pour certains, on a frôlé  la catastrophe. En amatrice du genre, j’aimerais bien avoir des live à la prochaine édition.

Qu’à cela ne tienne, les sponsors ont joué leur partition (les laboratoires Biopharma avaient donné le ton avec les 500 000 « hasardement » offert à Grace BETHEL par une main innocente). Les invités ont répondu présent. Pas moins de 03 ministres, excusez du peu. Le show assuré par Kareyce FOTSO, Chantal AYISSI, Dora DECCA, Sergeo POLO, Stipak SAMO ou encore le X-Maleya. L’essentiel a été sauf.

Rendez-vous donc en 2014. Douala? Yaoundé ? Ou peut-être Bafoussam? Mme Colette TCHATCHUE, Présidente du Comité d’organisation nous le dira.

Shalom !

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tjatbass
Je me prénomme Gaelle et je vis au Cameroun. Je suis passionnée par les métiers de la communication depuis ma tendre enfance. J’ai été formée au journalisme, à l’animation radio et TV. Aux écoles d’ici (Université de Douala) et d’ailleurs (RFI, BBC, Rue 89). Mon blog est constitué d’articles, de reportages, de chroniques, de tous les styles journalistiques en fait. Selon les humeurs et selon les sujets rencontrés sur mon chemin.

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