Bass

Le Camerounais n’aime pas la Camerounaise moderne

 « Tu aimes Ya* !!!!! »

Ekiéééé !!!!Depuis plus d’un mois maintenant, je n’entends que ce mot dans la bouche de mes très chers frères. Ils le demeurent tant qu’ils n’ont pas vu la couleur de ta ficelle (parait que les filles ne portent plus que ca maintenant). En toute humilité, une personne ça vas. Deux c’est suspect. Trois, faut consulter. Moi j’ai enquêté. Je ne reconnais en effet aucun chef d’accusation.

Un petit tour d’horizon, le constat est clair : je ne suis pas la seule à « Ya ». On est nombreuses. Et toutes ou presque, on est fières de ce qu’on est et de ce qu’on a accompli et on n’a pas honte de notre réussite.

Petit micro-trottoir, voici ma meilleure réponse (involontaire soit dit en passant) :

« Je dis hein???? Les gens sont comment  ( Carlochou si tu ne sens pas le règlement de compte, rentres te laver au village)???? Pas les gens vous les mecs là sérieux yen a marre (Tu étais prévenu)!!!

On brunit : pourquoi toutes les filles brunissent-elles ? Nous on les aime comme ca.

On reste comme ca, vous vous envoyez des salopes « coca-fanta » dans notre dos,

On maigrit wééékéééé « moi j’aime quand il y a de la chaire »

On reste ronde, »akaaa trop de cholestérol  » !!!!!!! (L’explosion n’est pas loin)

Et merde ! On n’a pas que ça à faire sérieux. Nous on ne porte pas critique sur la taille de vos queues en comparaisons à d’autres queues M************** ! Comment est ce que nous on fait pour ne pas vouloir être blessantes ? Et croyez bien que les arguments ne manquent pas hein les gars. C’est juste que la vie continu ce n’est pas UN TOUT c’est juste un ATOUT. Et puis allez vous plaindre dans les cieux puisque vous avez les c******* assez fermes pour ! » (Merci Frédérique Ottou ! Je n’aurai pas fait mieux).

Quand je suis tombée dessus, j’ai éclaté d’un rire très nerveux ! Pas parce que je ne sais plus me plaindre. Juste parce que j’ai relégué aux oubliettes les détracteurs et autres « kongosseurs (Florian tu n’es pas concerné)».

Et quand tu te penches sur les raisons des machos, rien d’objectif. Juste quelques petits égos mal placés. Ils se croient toujours dans l’antiquité ou l’homme imposait, la femme obéissait. Aperçu de leurs frustrations.

L’intelligence

C’est la première chose qu’ils nous reprochent. A l’endroit comme à l’envers. Quand tu n’es pas intelligente, ta place est au foyer. A pondre des enfants dont tu n’es pas certaine de l’éducation et à satisfaire les désirata d’un individu qui ignore tout du respect de la femme.  Quand tu l’es, On a toujours rien à faire avec toi. Tu ne serviras qu’à nuire d’après leurs dires (On ne nuit pas, on fait juste fonctionner nos méninges). Résultat, on est de plus en plus nombreuses à partager nos nuits avec nos mini-ordinateurs. Au moins eux ne nous reprochent pas de savoir les manier.

La beauté

Ce n’est un secret pour personne. La femme Camerounaise est belle (demandez aux petits pervers nombreux derrière leurs ordinateurs à l’affut de la moindre « camerounaise » dans les profils de tchat). Derrière une étable de fortune au fin fond du marché Bonamoussadi ou derrière un fauteuil en cuir au 13e  étage d’un immeuble à Bonanjo, elle suscite la même envie, le même désir pour l’homme qui sait voir au-delà des apparences. Quand tu n’es pas mise, on te traite de « Nkou » (entendez sac, traduisez villageoise dans l’argot particulier camerounais). Pour peu que tu te mettes sur ton trente et un dans le but de ne pas décevoir le potentiel prince dont on parlé les harlequins que tu as lu jusqu’à tes 21ans, tu es alors traitée de pute ou de « perdue ». A défaut, tu développes un complexe de supériorité.

L’indépendance

C’est ici que l’acteur décède dans son propre film.

A chacune de leurs discussions avec leurs pairs, ils se plaignent des « consommatrices ».

« Celle que j’ai même à la maison là me sert à quoi ? »

Ne vous méprenez pas, ils n’ont pas plus de respect les « indépendantes » :

« Je te dis qu’elle a trempé ! Attendons de voir quand elle ira se déshabiller à la Douche** »

Faut les voir me lorgner des yeux quand je siffle ma Guinness au carrefour de chez moi ! Ils m’ont déjà inscrit, en payant le prix fort, à la table d’honneur des maîtresses de Satan.

Donc c’est vrai alors ! Le camerounais ne connait du mot évolution que sa définition (transformation graduelle et continuelle)  et non sa signification (les femmes évoluent).

Quand on dit qu’un peuple évolue, ce n’est pas par simplement par ses hommes qui se vantent d’entretenir des liaisons à tout coin de quartier. C’est aussi par ces femmes qui arrivent à ne plus dépendre de leurs hommes (avantages mais surtout inconvénients compris). Celles qui sont capables de diriger leurs foyers, de construire leurs familles tout en occupant un poste de responsabilité dans une entreprise sans coucher avec leur boss. Et puis être moderne ne veut pas dire qu’on n’est plus une femme ou qu’on a plus de respect pour l’autorité masculine. Juste qu’on aimerait être traitées avec plus d’égards et d’attention. Le jour ou l’homme camerounais l’aura compris, notre société se portera mieux.

D’ici là ma sœur, reste belle, intelligente et indépendante. Si un homme est réticent intimidé par toi, laisse-le courir. Les bons existent même s’ils mettent du temps à arriver. Si la liste s’allonge, prends ta fierté, tes projets et rejoins le club très ouvert et bientôt célèbre des « jeunes femmes belles, intelligentes, dynamiques, entreprenantes….ET CÉLIBATAIRES ! » de mon amie Patricia Bakalack.

Shalom !!!!

* : Camerounisme désignant la vantardise, la vanité d’un homme face à ses biens ou sa situation sociale.

** : c’est l’un des phénomènes de l’heure au Cameroun. Des jeunes filles, belles, au statut social assez élevé à en juger par leur accoutrement et leurs artifices, garent leurs voitures à la Douche, descendent de leurs véhicules et se dirigent vers la Douche municipale. Une fois arrivée, elles se déshabillent, prennent une douche et rentrent dans leurs voitures sous les yeux ébahis des occupants et des passants.


Kaissa Doumbe : le reve se realise après 35 ans d’attente

Le public l’attendait depuis longtemps. Elle désirait satisfaire cette attente depuis plus de 15ans. C’est finalement à l’IFC de Douala qu’ils se sont retrouvés pour le plus grand bonheur de l’art musical.

Il valait mieux avoir la culture de la ponctualité hier soir à l’IFC. Demandez aux retardataires détenteurs de billets ou ils étaient assis. S’ils sont sans fous comme moi, ils n’auront pas honte de vous dire qu’ils étaient assis à même le sol.

A 19h déjà, le hall de l’IFC, seule salle de spectacle digne de ce nom dans la ville de douala était bondé. A 19h30, plus moyen de bouger un pied. Les plus intelligents ont occupé les premiers rangs. Encore se donnaient-ils des coups de coude pour entrer le premier. Pour son retour après plus de 35 ans d’exil involontaire, personne ne voulait manquer le come back de KAÏSSA DOUMBE MOULONGO.

20h15. La voix d’Eric Christian Nya s’élève pour présenter l’artiste. Celle qui a évolué aux côtés des plus grands. De Manu Dibango à Césaria Evora, sa voix à conquis les plateaux du monde ou elle s’est produit.

Bien que face à la salle comble, le public ne l’écoute que d’une oreille distraite. Les yeux rivés vers ce rideau rouge qui passera au noir de même que la salle à la fin de son discours.  La reine l’a voulue ainsi. Lorsque la voix suave et groove s’élève derrière ce rideau interminablement sombre,  le silence règne. Tous sont dans l’attente de l’ouverture des deux pans derrière lequel s’élève les paroles d’une incantation, peut-être une prière, exécutée en a capella.

Et lorsque les rideaux s’ouvrent à 20h17 précisément, les amoureux se découvrent. Eux ont face à  eux une reine d’Egypte. Perchée sur ses talons, le port altier, sur une robe aux couleurs du sponsor mais qui ne perd rien de ses origines africaines dont les motifs sont visibles via l’interminable fente sur son côté gauche. Elle leur dit tout son amour sur les paroles de  « Mboa », entendez « le pays » en langue duala et Ewodi dont elle dit d’ailleurs en être « proud » à ses premiers mots.  Ce retour aux sources si longtemps désiré est si émouvant. L’attente fut si grande et l’émotion si immense qu’après la deuxième chanson, elle ne tarde plus à remercier l’Institut Français et Orange Cameroun, grâce à qui elle peut enfin réaliser le rêve de jouer devant son public, le public de son pays après le tour du monde.

Si aujourd’hui la belle vie aux Etats Unis, dans l’Etat de New York précisément,  elle n’a rien oublié de ses racines. Sur scène elle s’exprime en anglais,  français et ewodi et reprends les tubes de ses deux albums.  Les pas de danse non plus ne sont pas en reste. Elle ne manque pas de rappeler à a ses choeuristes que c’est l’Essewe qu’il faut danser. Si leurs pas à eux sont identiques à ceux de la province du Littoral, ses pas à elle sont plus proches de l’Europe que de l’Afrique. Qui pourrait le lui reprocher? Sa joie est si innocente qu’on en demande encore.

Elle n’a non plus rien oublié des siens. Sa mère qu’elle remercie pour son amour, ses proches présents pour CE moment ce soir. Ses larmes, de joie et de peine, sincères comme sa musique et vraies comme l’artiste émeuvent les 250 personnes lorsqu’au moment d’interpréter « I am so happy », titre éponyme de son deuxième album après « Looking there », elle se rappelle au bon souvenir de son frère, sa sœur décédés plus tôt mais surtout de son père parti un 18 Octobre 1994. Leurs photos respectives défilent en diaporama comme fond de scène. Un 18 Octobre donc comme le jour de son tout premier contact avec son public camerounais.  Un public auquel se sont joints les parles rares de l’heure de la musique Camerounaise. Martien Oyono à la Guitare, André Manga à la basse, Denis Moussinga au Clavier, Haoussa Drums à la batterie, Bibianne Sadey au chœur en compagnie de Gaelle Wondjè qui marquera la transition entre les deux phases principales du spectacle : le slow et le show.

Dès les premières notes il était évident que la belle est sous le coup d’une émotion et d’un stress intense dûs certainement à la crainte de décevoir son public pour ce premier contact. Imaginez-vous parler à vos proches après plus de 35 ans loin d’eux et vous comprendrez son anxiété.  Quelques  notes et coups de hanche plus tard aux allures très prononcés de bal à terre, Avec le professionnalisme qui la caractérise et le soutien de son public, c’est dans une ambiance très bonne enfant que leur première rencontre s’est achevée. Au point ou elle a dû exécuter un bonus face au « KAISSA » unanime que ne cessait de scander après son dernier titre, son public qui n’a pas vu le temps défiler tant le spectacle était…Amazing.

Un public qu’elle espère nombreux ces vendredi 19 à Douala et samedi 20 à l’IFC de Yaoundé pour les deux dernières dates de sa première rencontre avec son public. Avant peut-être une tournée nationale puisque son rêve est « d’aller partout dans son pays » mais surtout d’y ouvrir une « beigneterie ».


Comment je suis devenue indifferente aux Lions Indomptables

Cette fois je n’ai pas le choix ! Je suis obligée, à défaut de suivre, d’être au courant de la préparation des lions en vue de la rencontre décisive face au Cap-Vert  le 14 Octobre prochain. Leurs préparatifs sont diffusés dans tous les médias autant de fois que le permet la programmation. Chacun rivalise d’adresse pour obtenir l’interview d’un des 26 chanceux. Les supputations vont bon train. A Yaoundé semblerait-il, chacun de leur déplacement est à l’origine de bouchons immenses. Heureusement pour moi, je n’y vis pas.

En 2005, lorsqu’ils avaient manqué, dans ce même Yaoundé, la qualification pour la coupe du Monde 2006, j’ai failli manquer de découvrir la saveur inégalable de la Guinness. Je ne tiens pas particulièrement à renouveler l’expérience. Si à cette époque je sortais à peine de l’adolescence avec la fougue propre à cette période, aujourd’hui, je pense avoir la maturité nécessaire pour faire le choix.

Je ne renonce pas, mais je suis assez lucide pour savoir quand et comment supporter les Lions indomptables.

Je suis fan de football. Comme tout camerounais, j’ai appris à l’aimer et à le pratiquer très tôt (5ans si mes souvenirs sont bons) aux côté s de mon père. N’interrogez pas les annales, il n’y figure pas. Et pourtant il aurait dû. C’était l’un des plus doués que j’ai connu (Shalom papa). Il avait juste choisi la raison (la tenue militaire) face à sa passion.

Moi j’ai failli y figurer. Blague à part ! Mais un tacle trop appuyé à mon genou de l’actuelle capitaine des lionnes en 2000 dans un petit stade, comme il en fourmille des milliers au Cameroun,  a mis fin à mes espoirs de carrière à la Marta. Donc je suis devenue grande supportrice. De Manchester, depuis que j’ai eu accès au chaînes du câble. Des lions indomptables surtout et avant tout. Pas de ces lions, mais des  vrais Lions. Ceux qui mettent de côté leurs égos, la popularité de leurs clubs, le montant faramineux de leurs salaires pour répondre à l’appel de l’honneur, à celui de la Patrie.

Malgré mon jeune âge à l’époque, j’ai retenu l’hymne du mondial 90 en Italie. Si vous en doutez, testons nos connaissances. Je me rappelle des capsules de Guinness que je collectionnais lors de la coupe du monde 1994 aux USA. Je me souviens d’avoir revécu, avec beaucoup d’émotions, quelques années plus tard, l’épopée de la génération 90.

J’ai encore en mémoire les courses folles que j’avais menées dans un petit quartier d’Okola, alors qu’on venait de gagner l’Egypte, notre bête noire en quarts de finales  de la CAN 2000. Lorsque 2ans plus tard, en 2002, nous rejoignions le Ghana et l’Egypte au palmarès des pays 4fois vainqueurs de la coupe d’Afrique, je montais sur mes talons de fierté.

En 2003, le 29 Juin, la France et le Cameroun foulaient la pelouse du Stade de France, pour la finale de la coupe des confédérations,  avec le portrait de Marc Vivien Foé décédé 3 jours plus tôt au stade Gerland de Lyon. Il valait mieux être très loin de moi pour dénigrer mon équipe.

 Je passe sur les nuits blanches devant l’écran, à attendre les rencontres de football des jeux olympiques de Sydney en 2000 dont l’image la plus présente dans mon esprit reste la victoire, à 9 contre 11 du Brésil de Ronaldinho aux quarts de finale. Ce sont des souvenirs cuisants, immuables dans la mémoire de tout camerounais, fan ou non de sport.

Je ressentais leur envie de vaincre et je les soutenais du mieux que je pouvais. Si je n’ai jamais acheté ni porté un maillot (c’est mon choix), je ne ratais jamais aucun de leurs matches. J’avais même manqué de réduire en miettes l’unique poste de télévision de notre maison parce que je voulais accompagner un tir de Samuel Eto’o.

Si en 2004, je n’ai pas vraiment été déçue, mon insensibilité elle démarre en 2005. Pas parce qu’ils avaient perdu  (non qualification pour le mondial 2006 face à l’Egypte) mais surtout au doigt accusateur pointé sur Pierre Womè Nlend à cause d’un tir au but manqué ! Un coup du sort qui n’épargne aucun joueur bon sang !  Samuel Eto’o himself en a fait l’expérience  le 04 Juin 2011. A la manière dont ses propres coéquipiers lui avaient tourné le dos, j’ai commencé à douter de leur esprit d’équipe. Deux ans plus tard, je confirme mon diagnostic malgré une prestation remarquable à la CAN. La désillusion du mondial Sud Africain ne me servira que confirmer le déclin. De cette génération du moins.

L’équipe est finie (chez nous, c’est être vraiment au plus mal).  Elle ne manque pas d’énergie ! Non ! La plupart de ses joueurs évoluent dans les plus grands championnats d’Europe – Asie, Amérique latine, Australie, MTN élite One excusez-moi, ce sont les seuls championnats auxquels je suis exposée-  Vous prendrez certainement l’exemple de la Côte-d’Ivoire. Ce n’est pas la même chose. La bande à Drogba joue de malchance. Peut-être lorsque Drogbut (c’est son surnom depuis ses années à l’OM) sera près de mettre fin à sa carrière, ils y arriveront finalement.

Non ! L‘équipe des Lions indomptables manque d’âme. Aucune cohérence, aucun schéma, aucune projection. Ils livrent chacun de leurs matches comme s’il était un singleton et non faisant partie d’une suite logique destinée à nous  hisser au sommet du football avec nos immenses potentialités.  Qui ne connait pas Samuel Eto’o dans le monde ? Qui ignore le récent transfert d’Alexandre Song d’Arsenal au FC Barcelone ? Qui ne sait pas que Zlatan Ibrahimovic ne connaissait pas Nicolas Nkoulou, défenseur de l’Olympique de Marseille avec le classico du 07 Octobre ? Le but d’Olinga, Sociétaire du club de Valence figure désormais dans les records. Et pourtant, aux dernières nouvelles, nous ne sommes que 71e du classement FIFA.

Aujourd’hui, me demander d’ « Unir mes forces » pour supporter cette équipe, c’est au-dessus de mes capacités. J’aime les joueurs, je me tiens très à distance de l’équipe.

Comment les supporter lorsque ses dirigeants, au lieu de trouver des réponses aux problèmes de fond préfèrent rejeter la faute sur quelques individus aussi « insolents » soient-ils ? Comment supporter cette équipe lorsque le manque de cohésion et de solidarité pour la patrie est criard sur le terrain ? D’ailleurs, comment y parvenir si LA chaîne de télévision nationale, celle qui est censée la soutenir en dépit, de tout interrompt la retransmission d’un match à cause de la piètre prestation de son équipe en déplacement au Cap-Vert  aussi handicapée qu’elle ait pu être à cause des repas servis?

Si vous avez une idée, partagez-là parce que cette fois, le lavage de cerveau voulu avec le retour de l’enfant prodige et terrible dans la tanière n’y changera rien.

Je resterai indifférente à cette équipe des lions jusqu’au retour des Lions dans la tanière.