Bass

Petits constats d’un périple (part 1)

Bonjour…

Ceux qui me suivent sur Facebook depuis 2 jours savent que je suis à New York. Du moins, que j’étais en route pour New York. Je vous rassure. Je suis bien arrivée. Après plus de 19 heures de vol.

 

Beaucoup ignorent la raison (ils s’en foutent d’ailleurs pour la plupart). L’essentiel est que j’y sois. Suffisant pour moi.

Depuis mon départ, j’ai tiré beaucoup de leçons que j’aimerais partager ici avec vous.

Fuite
Fuite

1. Tout bon Camerounais est un déserteur. C’est l’exception qui confirme la règle.

Je vous rassure. Depuis que la nouvelle de mon visa « statois » est dans les news, je n’ai pas eu UN seul moment de répit. Lorsque ce n’était pas les membres de la famille ou les collègues (désolée partenaire), les amis faisaient leur travail. Pour tenir à cela, je vous rassure, il faut être fort mentalement. Du coup, sans les excuser, je comprends ceux qui ont pris la poudre d’escampette à la moindre occasion. Ils n’ont pas réussi à gérer la pression.

2. L’aéroport de Douala, c’est vraiment une grande connerie.

Aéroport Douala by Tjat bass
Aéroport Douala by Tjat bass

« Vous ne pouvez pas prendre de photo » et je ne sais quelle autre histoire on vous sort parce que vous voulez immortaliser le départ d’un proche. Dans quoi même? C’est la NASA? Le Pentagone? Pardon. Propreté il n’y a pas. Chauffage, en vacances. Sécurité, poste vacant. Par contre, racolage en tout genre, c’est son propre. Heureusement qu’ils respectent l’originalité du visa. A défaut, on allait nous entendre.

3. C’est face à l’adversité que tu mesures ton aptitude à la survie.

Un gouffre sépare l’imagination de la réalité. Quand tu es chez toi, tu te dis  » mais ouiii, je m’en sortirai », « mais bien sûr que je suis bilingue », ……Une fois sortie, la maigre bouche que tu as ouverte pour dire des conneries s’ouvre juste pour dire « please » ou « i beg ». C’est à ce moment que tu regrettes tous les cours d’anglais manqués, toutes les injures que tu balançais au professeur, toutes les Guinness que tu buvais pendant que d’autres étudiaient.

4. Turkish Airlines, c’est pas seulement pour les Turcs.

Vraiment avant, je me disais: ils ne desservent que la Turquie et tous les pays difficiles à prononcer. Avec mon atterrissage à JKF Airport, j’ai compris que c’est vraiment une compagnie aérienne digne de ce nom. Même si l’on pouvait regretter le décalage de 6 heures enregistré sur leurs vols depuis trois jours, la profusion des mets turcs (comme si tout le monde en consommait).

Turkish foods by Tjat Bass
Turkish foods by Tjat Bass

5. Le pays du blanc, c’est vraiment le pays du blanc

Rien à faire. Le constat est amèrement clair. Depuis la vue aérienne jusqu’aux rues en passant par l’aéroport, aucune comparaison possible.

Pour ceux qui sont intéressés, je suis à New York dans le cadre des activités marquant la 65e commémoration de l’adoption et la promulgation de la charte universelle des droits de l’homme dont les travaux débutent ce lundi au siège des Nations unies.

Shalom!


Les « Métamorphoses » du SUD 2013

Le Salon Urbain de Douala, le SUD se tiendra du 3 au 10 décembre à Douala sous le thème « Douala Métamorphoses ». Doual’Art, l’initiateur du projet l’a annoncé hier matin au cours d’un point de presse auquel étaient conviés le gratin de la presse locale et les artistes performeurs.

Les membres du comité d'organisation
Marilyn Manga Bell, Gaelle Moudio et Didier Schaub (photo:Tjat Bass)

« Douala Métamorphoses », un approfondissement des réflexions portées par Doual’Art sur la citoyenneté urbaine, l’appropriation conviviale et responsable de l’espace public par les habitants de Douala,  interviendra dans quatre quartiers de la capitale économique. Chacun avec plusieurs performances de haute facture.

–           Bonamouti-Deido

Le « village de pêcheur » abritera l’œuvre « Floating Quay », un quai flottant qui reliera la rive du fleur à l’intérieur du quartier. Selon les promoteurs, ce quai offrira également aux touristes et curieux, la possibilité de découvrir la mangrove. L’œuvre est une association de l’artiste colombien Juan Fernando Herran en association avec l’architecte Mauro Lugaresi.

"Floating Quay"
« Floating Quay »

Dans la même zone, le projet CAIRE (Collectif Artistique/Architectural d’Interventions Responsables et Ethiques) se propose d’améliorer le confort intérieur et extérieur de plusieurs maisons en retour de quoi, ils obtiennent le droit de réaliser des performances sur les façades des domiciles concernés.

–          Béssengué-Akwa

Ici, « Madiba Square », l’avenue d’eau de Pascale Mathine Tayou sera l’attraction principale. Un groupe de totems définissant des placettes avec des bancs publics. L’entrée du quartier Béssengué sera métamorphosée en aire de jeux pour enfants par le Collectif d’architectes berlinois Raumlabor.

Boris Zébo proposition
Boris Zébo proposition

De grandes possibilités de promenades et de pauses en perspectives

–          Ndogpassi III

Changement de décor. Destination, la zone de recasement de la ville de Douala. Le SUD y a vu grand, très grand. Au Bloc 4, la source d’eau naturelle aménagée (déjà) par Doual’Art en 1996 a été métamorphosée en amphithéâtre à ciel ouvert par l’artiste Belge Philip Aguirre. Le « Théâtre-Source » est appelé à accueillir dans les jours à venir des performances diverses d’art visuels.

Le "Théâtre-Source" à Ndogpassi III
Le « Théâtre-Source » à Ndogpassi III

–          Bonanjo

La métamorphose de Bonanjo se manifestera par l’aménagement de deux sites de loisirs et de plaisirs.

Un « Jardin de sculptures contemporaines » avec les oeuvres « Indignation » de Justine Gaga, « Portraits parallèles des derniers rois Sawa » de JF Sumégné, les « Oiseaux » d’Hervé Yamguen et le « Mur de portraits » d’Hervé Youmbi. A ces œuvres seront rajoutés « Paï (les pagaies) » et « la Déesse du Wouri » de Manuela Dikoumé, déplacés de leurs précédents sites.

La "Déesse du Wouri" à visiter à Bonanjo
La « Déesse du Wouri » à visiter à Bonanjo

Le bâtiment annexe de Doual’Art sera quant à lui transformé en un Pavillon Urbain de Bonanjo (PUB), un nouveau lieu d’animation culturelle, expérimental dans le cadre de cette 3e édition du SUD.

Toutes les œuvres sont réalisées avec l’accord des populations autochtones et des autorités compétentes.

Marilyn Manga Bell by Tjat Bass
Marilyn Manga Bell by Tjat Bass

Le SUD est une triennale culturelle  d’art public initiée par Doual’Art en 2007.Il vise à offrir une nouvelle représentation de la ville de Douala aux populations locales et aux touristes. En 2 éditions (2007 et 2010), plus d’une vingtaine d’œuvres ont été offertes à la ville de Douala par ce canal. Parmi elles, on compte la statue de la « Nouvelle liberté » du Rond-point Deido, œuvre de JF Sumégné et à la « Colonne pascale », visible au carrefour du lieu-dit « Shell New-Bell », œuvre de Pascale Marthine Tayou. Outres les performances artistiques, le SUD 2013 consacrera trois matinées de choix aux rencontres Ars&Urbis, un espace de discussion et d’échanges sur le rôle de la création contemporaine dans les transformations sociales et urbaines.

Les artistes locaux by Tjat Bass
Les artistes locaux by Tjat Bass

Shalom!


Quand la rumeur fait l’information

« La vengeance est un plat qui se mange froid » ! J’adhère et je d’ « accorise » totalement. Un mois plus tard, me voici avec mon billet.

A l’occasion de la capture des Moulin –Fournier au Nord-Cameroun, le Cameroun a fait la une, reconnu comme maître de la « rumeur informative », néologisme créé.

Dans un groupe de médias auquel j’appartiens, un membre reprenait une erreur commise par un journaliste sportif « très sérieux ». Il affirmait : Bell et Nkono n’ont jamais figuré sur la même feuille de match avec les lions indomptables. Pauvre de ma jeunesse, je ne m’en souviens pas. Internet a tôt fait de me mettre à niveau.

Il y a 9 ans, le Grand-père national a sorti traité d’« Apprentis sorciers» la rumeur relayée par les journalistes qui le donnait pour mort entre le 04 et le 06 juin 2004. Je me souviens encore du trouble silencieux qui se lisait sur les visages.

Wèèè ! Pourquoi même aller loin ? Ce n’est pas la rumeur qui a fait du départ de Samuel Eto’o une information officielle et qui a déchaîné les passions et fait couler l’encre ? Le capocanonniere, adepte des communiqué de presse n’avait fait aucune déclaration. Au point où on a vu d’un mauvais œil la visite à son futur beau-père. Quoi ? Vous ne le savez pas ?C’est la rumeur hein ! Elle dit que Brenda en serait amoureuse. En tout cas, il était sur le terrain à Tunis.

Crédit image Google
Crédit image Google

Massa !Dans cette ambiance, lorsqu’une information me parvient, je reste stoïque. Jusqu’à ce que j’ai recoupé l’information. Brebis galeuse a plus de valeur que brebis honteuse.

Et j’ai bien failli m’y prendre le mois dernier à l’occasion du prestigieux concours dénommé « Miss Monde » dont la ville de Bali en Indonésie était l’hôte. Durant cette période,  je suivais avec beaucoup d’assiduité la revue de la presse sur la « 2 » verte. Les différents décrochages à Yaoundé ne cessaient de saluer avec beaucoup d’insistance et de sourires niais le parcours de Valérie Ayéna, la très imprévisible « Miss Cameroun 2013 ». – J’écris ça je ne dis rien – . Chaque jour ou presque, à l’occasion de ladite revue, elle faisait un nouveau pas vers la couronne finale. Lorsqu’ils l’ont annoncé finaliste du concours, j’ai eu un petit picotement. L’affaire-là devenait sérieuse. Il ne fallait pas manquer le scoop. Je compose le numéro de l’un de mes contacts, expert en scoop interdits.  La sentence est immédiate : « ce sont des conneries que les gars des médias racontent ».

Je lui dit « Mbom, la « 2 » verte a dit. Tu sais, la chaîne du gars dont la femme était scrutateur dans le centre de vote du Grand-père ». Il redit : ce sont des histoires. Après une fouille minutieuse de la toile, je rétorque : Cameroun Tribune,  journal du Cameroun, Au Feminin ont aussi écrit hein ! Il persiste et signe l’indien « Elle n’est finaliste d’aucun Miss Monde. La finale c’est samedi (on était lundi) ». Faut quand même avouer que je suis tête de mule hein!

Le gars avait quand même une go reine des planches. Le doute a été semé dans ma tête. Comme pour attester, si besoin était, l’étendue de son savoir, il m’envoie par BBM (Blackberry Messenger, gadget addict oblige) le lien du site officiel du concours. Le seul lien que je n’avais pas ouvert dans ma quête de la vérité.  En anglais ! Les quelques mots qui échappaient à mon cerveau francophone, translate.google.com a fait le boulot.

Je parcours le site. La Ayéna nationale est (ou était) finaliste oui, mais du concours « Top Model », un des cinq challenge de l’élection Miss monde. Une petite précision qui avait échappé aux Kongosseurs.

Exploration faisant, je découvre le concours dans toute son étendue : 1 mois de compétition, 127 candidates, 5 challenges, 1 lauréate. Depuis le 28 septembre, elle est philippine. Son nom : Megan Young. Titre attribué à l’issue d’une soirée haute en couleurs au départ de laquelle on retrouvait les 127 compétitrices. Six jeunes femmes ont franchi la ligne d’arrivée et seules trois ont été primées : Megan Young,  et ses dauphines, Marine Lorphelin 1èere dauphine et Naa Okailey Shooter, choisies pour leur parcours et la pertinence de leur projet.

Les cinq challenges sont celui du Top ModelSportsMultimediaBeach Fashion, and Beauty with a PurposeA ces derniers, la très chère Miss nationale n’a atteint le top 12 que sur le talent challenge. Même pas celui du sport quand on sait la réputation qu’on nous connait. Je vous donne le soin de prendre connaissance du classement définitif ici

Et dire que des « titrologues » sont à l’affût de ces « failles », tels des lions guettant leur proies. Des failles qui vont déchainer des passions et par la suite tenir en haleine les populations au point de les détourner des véritables problèmes de leur quotidien. Dans ce contexte,  je ne sais que faire, qui lire, qui écouter, qui croire.

by decorticom.wordpress.com
by decorticom.wordpress.com

Je crois pourtant qu’il nous incombe de s’assurer de la véracité des faits que l’on publie. Une information non confirmée ou non recoupée devrait être traitée au conditionnel. On l’apprend tous à l’école de blogging journalisme il me semble.

S’il nous plait, avant de porter à la une le divers du bar, prenons la peine de recouper et traiter les informations commentaires qui nous parviennent. Diffuser des informations dont on n’a pas la certitude contribue à construire la haine, la jalousie et favorise calomnies et médisances sur autrui. Internet nous permet de faire des recherches à des coûts dérisoires. Pourquoi ne pas l’exploiter à bon escient ?

Shalom !