Bass

Mon top 10 du Mercato 2013

Le marché des transferts s’est achevé mardi 03 septembre 2013 à minuit. Les chiffres évoqués durant ce mercato 2013 ont eu le don de me donner le tournis et à me demander : « on parle toujours des mêmes Biya CFA qui se dérobent irrésistiblement à la cour intense et assidue que lui font mes poches ? ».

Mancunienne devant l’Eternel, Madrilène dans le cœur et Marseillaise comme la plupart des africains, j’ai dû sortir de ma réserve naturelle pour dresser les 10 épisodes de ce feuilleton footballistique de l’été qui m’ont le plus marqué.

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  1. Neymar da Silva Santos Júnior : du FC Santos au FC Barcelone.

Il y a deux ans, téléfoot dressait le portrait du prodige brésilien alors âgé de 19 ans (21 aujourd’hui). On le présentait comme le nouveau Maradona tant il était impressionnant d’ingéniosité et de maitrise avec un ballon rond. Pour sa première dans un championnat européen, le « bankable » brésilien a préféré le Barca au réal parce qu’il n’aimait pas… Ronaldo ? Cristiano ? Le CR7 ? Je n’en reviens toujours pas.

Montant du transfert : 57 millions d’euros

 2.  Gareth Bale : de Tottenham au Réal Madrid

Le brésilien ayant décliné la proposition de Madrid, Florentino Perez se devait de frapper un grand coup médiatique. Il a donc fait du gallois, à peine âgé de 24 ans son obsession. En dépit du refus du président des spurs de laisser filer son joueur phare. Ce qui en a fait le feuilleton le plus cher et le plus onéreux de l’été. Dimanche, l’arrivée du gallois est officialisée. Je trouve quand même le bruit de la résonneuse trop  bruyant pour un joueur sans titre et dont le seul mérite réside dans le fait d’avoir brillé dans un club. Il est à ce jour le 2e (jusqu’à preuve de contraire) transfert le plus cher de l’histoire. Juste derrière son nouveau coéquipier, le portugais Cristiano Ronaldo.

Montant du transfert : 91 millions d’euros

3.  Edinson Cavani: de Naples au PSG

Une femme sur la table de travail ferait moins de bruit que le PSG depuis l’arrivée des qataris. S’ils n’avaient pas été champions l’année dernière, Dieu seul sait ce qui serait arrivé. Encore que. Dans leur exécution de la précieuse (chez nous) danse bafia, deux pas en arrière (départs médiatiques de l’entraîneur et du directeur sportif), trois pas en avant (nomination de Blanc, rétention des « stars » et agitation diverses sur de probables venues), ils sont quand même parvenus à produire un précieux spécimen : l’Uruguayen Edinson Cavani. C’est à ce jour le transfert le plus cher de la Ligue 1.

Montant de la transaction : 64 millions d’euros.

 4. Radamel Falcao Garcia : de l’atlético Madrid à Monaco

Pour une surprise, c’en était cet été. Courtisé par les plus grands clubs d’Europe, sorti d’une saison plus que réussi à l’atlético Madrid, le colombien ex attaquant du porto a choisi le club de la principauté à peine promu en ligue 1 (donc absent de C1) pour la suite de sa carrière. Je lui concède quand même la qualité du club. Son historique affiche un brillant passé en C1 au début de la décennie 2000 avec une finale perdue en 2004 face au Fc Porto.

Montant du transfert : 60 millions d’euros

5.      Mezut Özil: du Réal Madrid à Arsenal

Jusqu’à lundi, je considérais le club d’Arsenal comme la pépinière des grands clubs. Simples mauvais commerçants au pouvoir d’achat misérable (Quelqu’un a-t ‘il récemment eu des nouvelles d’Alexandre Song ?). Mon opinion n’a toujours pas changé d’ailleurs bien qu’il se soit offert les services de l’allemand. En dépit de ses plaintes dans l’édition du 01er septembre de Téléfoot, Wenger en a fait le deuxième plus gros transfert de l’histoire du championnat anglais.

Montant : 50 millions d’euros

6. Mamadou Sakho : du PSG à Liverpool

L’international français en a eu marre de « chauffer » les bancs de son club formateur et a voulu voir ailleurs. Anfield l’a accueilli. Au vu des forces en présence, son temps de jeu est-il pour autant garanti ? Son départ des boucantiers de Paris m’a néanmoins fait mal. C’est comme si Matuidi, en moins présent dans mon cœur s’en allait du PSG.

Montant : 23 millions d’euros (à vérifier)

7.      Francisco Román Alarcón Suárez  dit Isco : de Malaga FC au Réal Madrid

Le transfert de la pépite espagnole passé inaperçu pour le commun des mortels mais pas des férus de football. Et pourtant, c’est l’une des plus belles opérations, en mon sens, réalisée par le réal Madrid. Il s’est tellement imposé qu’il a obligé plusieurs dont Özil à la sortie a repris le numéro 10.

Montant :27 millions d’euros plus 3 millions en bonus

 8.     Bafetimbi Gomis : de Lyon à… Lyon

Vous me direz c’est pas un transfert. Je vous renverrai à l’introduction de mon billet.  Parce que j’aime bien mec et j’ai pas du tout apprécié les péripéties dont son talent et son égo ont été victimes durant ce mercato. Envoyé en CFA dans l’attente d’une éventuelle proposition d’achat, rappelé dans l’effectif initial et qualifié de « recrue » à la fin du mercato démontre toute la démesure et la folie du football. Il faut vraiment être fort dans la tête pour afficher la sérénité qui était sienne durant cette période.

Montant : euh… aucun

9. Florian Thauvin : de Bastia/Lille à Marseille

Le talent donne-t’il tous les droits ? Que valent vraiment les contrats de football pour un joueur ou pour un club ? La fin de la série du néo champion du monde s’est achevée sans me fournir les réponses escomptées. Le jeune joueur est en effet sorti vainqueur d’un bras de fer entamé avec Lille au début du mercato. Club dans lequel il avait signé à peine six mois plus tôt pour une durée de 3 ans.

Montant : 11 millions d’euros, plus 2 millions de bonus.

 10. Samuel Eto’o : de l’Anzhi Makhachkala (Russie) à Chelsea FC

Impossible d’achever ce top 10 sans citer le footballeur africain le plus titré de sa génération. Il est bien loin le temps où il disait « préférer vendre des cacahuètes plutôt que de jouer dans un club aussi minable que Chelsea ». Le quadruple vainqueur de la C1 est de retour sur les écrans, deux ans après la signature du contrat qui a fait de lui le joueur le plus payé au monde dans le club russe. Quelle place lui accordera the « Hapy one » dans son schéma de jeu ? Réponse dans la suite du championnat.

Montant : encore inconnu

Vous pouvez retrouver ici le top transfert des footballeurs africains.

Shalom !


Bloguer n’est pas chômer !

Il y a 5 ans, je lançais mon premier blog sur la toile : culturakamer.  J’avais été inspirée par le blog de Jacques Epangue pour lequel j’ai d’ailleurs rédigé quelques articles ici .

J’avais des sujets mais pas suffisamment de temps et de maitrise technique pour l’alimenter. Pire, je doutais de la portée de ce journalisme particulier. On comptait les bloggeurs sur le bout d’une main.

Lorsque Mondoblog le concours en 2012, je postule en passionnée d’écriture. Je suis admise. Sur la plateforme internationale et avec la surexposition médiatique, il faut assurer.  Comme en 2008, j’ai une occupation. Les articles, bien que de qualité (repris à plusieurs reprises sur génération causante) ne suivent pas beaucoup. Faites le décompte.

Parce si bloguer = liberté d’expression, liberté de penser, illimité des frontières, …Bloguer n’est pas = facilité, paresse, évasion, chômage…. Du moins, pour ceux qui se définissent blogueurs.

©www.moroccangeeks.com
©www.moroccangeeks.com

Pourquoi ? Parce que le blogueur doit de manière inlassable et répétitive résoudre les problèmes :

–          de trafic (si vous êtes d’avis, partagez ce billet),

–          de motivation (j’écris, j’écris, j’écris et Ngimbis reste populaire),

–          de fatigue (Danny et Yvy, j’ai du me surpasser pour rendre ce billet dans les délais),

–          de page blanche (je n’ai pas vraiment eu le choix en fait),

–          avec l’hébergeur (les mondoblogueurs ont prié tous les saints entre mai et juin),

–       avec les codes sources des pages (je ne suis pas encore satisfaite de mon blog. Il manque d’ailleurs l’onglet facebook sur ce thème).

Surpris n’est-ce pas ? Bloguer n’est pas écrire au pif un billet (quel qu’il soit).  Au contraire ! C’est mener une enquête policière digne de l’équipe à Aaron Hutchner… sans le badge et la renommée qui vont avec.

Le bloggeur est directeur de publication, rédacteur en chef, reporter, photographe, documentaliste, éditeur, imprimeur et distributeur de son blog. Des fonctions (à crédit) nécessitant plus de 2jours de travail par billet publié et continuellement répétées par le blogueur qui profitent, de plus en plus souvent, aux « grands noms ». Ces derniers ne manquent d’ailleurs pas de reproduire intégralement (avec ou sans leur consentement) les billets de bloggeurs dans leurs magazines, à défaut de proposer des contrats aux auteurs tant le travail abattu est immense.

S’il peut vous donner l’impression de ne rien faire, c’est juste parce qu’il à l’affût, telle une lionne. Le moindre des événements peut lui rapporter un prix reporter sans frontières. Il est toujours plongé dans les livres (des ebooks pour la plupart) afin d’accroître son savoir. Et dire que dans tout ça, que c’est sans frais ni égards. Du moins, au Cameroun.

Si la majorité des bloggeurs célèbres ont lancé leurs blogs lorsqu’ils étaient au chômage, ils ont vite rapidement retroussé les manches pour rester au top dans leurs projets.

Parce que au final c’est ça le blogging : un projet. Un projet qui vous conduit dans une merveilleuse aventure dont seuls les plus téméraires en sortent vainqueurs et satisfaits. Steve Pavlina, Perez Hilton, Linda Ikeji, Ernest Kalondji, sont des personnes ressources aujourd’hui chacun dans leurs niches respectives. Il n’y a qu’au Cameroun que les mentalités datent de Mathusalem.

Si blogguer c’est chômer, je vous mets donc au défi de devenir blogueur et d’atteindre la notoriété. Attention cependant à ne pas devenir chômeur. Car si bloguer n’est pas chômer, on peut devenir chômeur en raison de l’investissement humain que demande le blogging. Si bloguer c’est chômer bien sur.

Ceci est le 5e billet écrit à l’initiative de nombreux blogueurs Camerounais à l’occasion de la journée mondiale des blogueurs. Plusieurs autres articles ont été écrits par d’autres blogueurs.

Vous pouvez rattraper le 4e

Et continuer la chaine par le 6e

Logo BloggersCM
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Bonne fête aux bloggeurs du monde entier.

Peace !

 


A plume ouverte

De retour d’un silence involontairement long, j’ouvre mon Facebook et pour une fois, je décide d’épurer toutes les notifications. Je découvre avec beaucoup de surprise et de plaisir que la famille Mondoblog s’inquiète de ma subite discrétion. Merci père Ziad.

@ routard.com
@ routard.com

J’ai été touchée. Et rassurez-vous, chers frères et sœurs Mondoblogueurs, je ne vais pas quitter la famille. D’autant que je suis impatiente de découvrir et d’accueillir les nouveaux membres. J’ai cherché comment partager avec vous ces choses qui me choquent depuis un moment sans paraître désemparée. Sans donner l’impression que l’espoir est une expression française absente des dictionnaires camerounais. D’ailleurs, l’expression « Le pays ci est mauvais ! On va faire comment ? » n’est-elle pas devenue la devise courante au pays ?

Il y a trois semaines, deux jeunes hommes passaient de vis à trépas aux urgences de l’hôpital de district de Deido. Le personnel en service ce soir là les avait tenu à l’écart après leur admission suite à un accident de la circulation parce qu’il n’avait pu obtenir de manière précise, de la bouche des défunts  agonisants, l’identité des personnes devant régler la note des soins qu’ils ont pourtant juré administrer à chaque nécessiteux sans distinction. Je me suis lancée dans une infiltration des urgences de la ville. Deux jours plus tard, j’ai du abandonner. L’inconscience, le manque de professionnalisme et même la malhonnêteté du personnel médical dans les deux centres infiltrés ont eu raison de ma témérité. En toute impunité. Au grand dam des populations dont la seule option est « y aller et compter sur la bienveillance du Seigneur».

On a décrié la situation des PVVIH au Cameroun et l’absence des ARV dans certains de centres de prise en charge dont le célèbre « hôpital du jour ». La situation reste inchangée. Les malades bravent les intempéries et la agressions afin d’arriver aux aurores à l’hôpital et rentrer en possession de leur précieux aide-vie. La plupart du temps, ils rentrent bredouilles, sans le précieux comprimé. Avec des heures de sommeil à rattraper.

Il y a quelques mois, un collègue avait publié un article sur la consommation et le trafic de drogues au Cameroun. Une enquête menée pendant des mois à ses risques et péril. Dès la publication, il a reçu des menaces. Il ne devait apparemment pas en parler. Je suis tombée des nues.

Il y a quelques années, j’ai été dépouillée au marché Nkololoun, célèbre marché aux étals de vêtements dignes des grandes maisons de couture, sous les yeux des autres vendeurs. J’avais beau crier, personne ne me prêtait une quelconque attention. Dès que j’ai voulu les suivre dans le couloir qu’ils avaient emprunté avec leur butin, fruit de six longs mois d’économie, les mêmes témoins ont retrouvé leurs cordes vocales pour me le déconseiller. Et aussi d’aller voir la police. Parce que non seulement elle ne fera rien mais qu’en plus, si jamais on les arrêtait, ils seraient relâchés. Je pourrais donc dire adieu à ma paix et à mes biens. Il m’a fallu trois mois pour me refaire une santé financière.

Alors que je pensais avoir tout vu et entendu, lundi 15 juillet, en début de soirée, le corps d’un collègue journaliste et blogueur est découvert dans son domicile à Yaoundé. Mutilé, torturé, la nuque et les membres brisés. Le visage et les jambes marqués par les traces d’un fer à repasser. Vraisemblablement assassiné. Au moment ou son corps est transporté à la morgue, des propos homophobes s’élèvent de la foule : « Pédé ! Ce n’était que le premier. Les autres seront pires ».  Le corps a été mis à la morgue. Sans autopsie, sans photos. Comme une mort de cause naturelle. Encore que. Les témoins et amis de la victime exécutent depuis lundi la chorégraphie des dépositions au commissariat. La justice dévie le débat sur la pratique de l’homosexualité au détriment du meurtre d’un citoyen camerounais, être humain à la base. Les militants LGBTI et la communauté internationale sont indignés. Les médias du monde entier en ont parlé. Même le département d’état américain s’est exprimé sur ce tragique événement. Le silence est impressionnant au pays.

Je refuse de croire que c’est dans mon pays de paix et de libertés que de tels actes sont commis. Que le socle même de la déclaration universelle des droits de l’homme, ratifié par mon pays, est bafoué. Les droits à la vie, à la santé, à la sureté et à la sécurité de tous et de chacun impunément violés.  C’est incompréhensible.

J’ai de l’espoir parce que je sais que des personnes dignes de ce nom, garantes de la vie de leurs compatriotes, existent encore. Certaines font partie de mes amis. D’autres sont le don de Dieu. Ce n’était malheureusement pas le cas pour ces jeunes et défunts inconnus ce soir là à l’hôpital. Tout comme pour des millions de camerounais. Pourquoi faudrait-il compter sur une minorité de personnes consciente alors que la majorité est formée, recrutée et payée à la sueur de notre front pour nous servir ?

J’aurais pu être chacun des cas cités ci-dessus. Chacun de vous qui lit ce billet aurait pu naître camerounais (s’il ne l’est pas déjà) et aurait été affectée ou concernée par au moins une de ces situations. A ce moment, quelle aurait été votre réaction ? Quel aurait été votre sentiment ?

Ce n’était que l’expression des mes sentiments actuels.

Peace !